Différences entre SAS et SARL : comparatif des deux statuts juridiques

Hugo
Durée de lecture : 7 mins

Lors de la création d’une entreprise, il est essentiel de bien choisir sa forme juridique. Deux statuts se démarquent particulièrement en France : la Société par Actions Simplifiée (SAS) et la Société à Responsabilité Limitée (SARL). Chacun présente des caractéristiques spécifiques qui peuvent influencer la réussite de votre projet entrepreneurial. Dans cet article, nous vous proposons de comparer les différences entre ces deux statuts pour vous aider à mieux comprendre leurs particularités et ainsi faire le choix le plus adapté à vos besoins.

I. Les associés et leur responsabilité

Dans une SARL, le nombre d’associés doit être compris entre 2 et 100. Leur responsabilité est limitée à leurs apports dans le capital social. Ce type de société convient davantage aux petites entreprises et aux professions libérarales.

Au contraire, la SAS peut être constituée avec un seul associé, appelé « actionnaire unique ». La responsabilité des actionnaires est également limitée à leurs apports, mais le mode de fonctionnement est plus flexible que celui de la SARL. Ce statut est préférable pour les start-ups et les entrepreneurs souhaitant séduire des investisseurs extérieurs.

a) Responsabilité personnelle des dirigeants

Pour la SARL, le gérant risque d’être personnellement responsable si l’on peut établir une faute de gestion. Pour la SAS, la responsabilité du président est similaire, mais elle peut être limitée par voie contractuelle grâce à une clause de limitation ou d’exonération de responsabilité dans les statuts.

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II. Capital social et apports

Les deux sociétés ont des exigences différentes en matière de capital social.

a) Montant minimum

Pour la SARL, le capital social doit être composé d’un montant minimum, fixé librement par les associés. Il est recommandé de déterminer un montant suffisant pour assurer le bon fonctionnement de l’entreprise dès le début de son activité.

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L’une des principales différences avec la SAS est que celle-ci n’impose pas de montant minimum pour le capital social. Il peut même être symbolique (1 € par exemple), permettant ainsi aux entrepreneurs de disposer de plus de flexibilité lors de la constitution de leur société.

b) Types d’apports

Dans les deux cas, les associés peuvent réaliser des apports en numéraire (argent), en nature (biens meubles, immatériels, etc.), ou en industrie (savoir-faire). Toutefois, les règles diffèrent selon le type de société :

  1. SARL : le dirigeant ne peut effectuer un apport en industrie que s’il a également réalisé au moins un apport en numéraire ou en nature.
  2. SAS : aucune contrainte particulière n’est imposée concernant les apports en industrie.

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III. Fonctionnement et gouvernance

Au niveau de leur fonctionnement interne, la SARL et la SAS sont différentes sur plusieurs points :

  • SARL : gouvernance obligatoirement assurée par un ou plusieurs gérants, associés ou non. Les décisions importantes sont soumises à une procédure de vote des associés, avec des règles strictes prévues par la loi.
  • SAS : mode de gouvernance plus flexible, permettant de déterminer librement les modalités de nomination du président et de l’organe de direction. La prise de décision est également adaptée aux besoins de la société grâce à la répartition des pouvoirs entre actionnaires et dirigeants selon les statuts.

a) Assemblées générales

En termes d’assemblées générales, la SARL impose des règles légales strictes, notamment une obligation annuelle de réunion pour l’approbation des comptes. Pour la SAS, la tenue d’assemblées générales n’est pas imposée légalement, son organisation étant décidée par les actionnaires eux-mêmes.

b) Formalisme juridique

La gestion administrative de la SARL est plus contraignante que celle de la SAS. En effet, les changements de gérants, d’associés ou de répartition du capital social nécessitent des formalités administratives et les statuts doivent être modifiés en conséquence.

En résumé, la SAS est plus flexible dans son fonctionnement interne et sa gouvernance, tandis que la SARL suit des règles légales plus encadrées.

IV. Régime fiscal et social

Le régime fiscal et social diffère également entre une SARL et une SAS :

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a) Impôt sur les Sociétés (IS)

SARL et SAS sont soumises de plein droit à l’Impôt sur les Sociétés. Toutefois, il existe certaines différences concernant les options d’imposition :

  • SARL : peut opter pour l’impôt sur le revenu (IR) si elle respecte certaines conditions (effectif inférieur à 50 salariés, chiffre d’affaires inférieur à 10 millions d’euros…), et pour une durée limitée à 5 ans.
  • SAS : ne permet pas l’option pour l’IR.

b) Charges sociales

Les charges sociales varient selon le statut juridique et les options choisies :

  • SARL : le gérant majoritaire est affilié au régime des travailleurs non salariés (TNS), avec des cotisations moins élevées que celles des dirigeants de SAS. Le gérant minoritaire est quant à lui assimilé salarié.
  • SAS : le président est assimilé salarié et bénéficie de la sécurité sociale, mais les cotisations sociales sont généralement plus élevées que celles d’un gérant majoritaire de SARL.

V. Transmission et cession des parts sociales ou actions

Les modalités de transmission et de cession des parts sociales ou actions diffèrent entre une SARL et une SAS :

  • SARL : les parts sociales sont transmissibles sous certaines conditions. La cession de parts à un tiers doit être approuvée par les autres associés à la majorité des 2/3.
  • SAS : les actions sont librement cessibles sauf si les statuts prévoient des restrictions spécifiques. Il s’agit d’une caractéristique intéressante pour les entrepreneurs qui souhaitent céder leur entreprise rapidement et sans contrainte majeure.

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